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The Rainbow and the Worm - the Physics of Organisms

The Rainbow and the Worm - the Physics of Organisms - Dr. Mae-Wan Ho

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Le biogaz en Chine

Le biogaz émis par [une fermentation] des déchets organiques permet de récupérer une forme d'énergie renouvelable ; il évite, dans le même temps, les émissions de carbone dans l'atmosphère et les pollutions de l'environnement. Le biogaz est au centre d'une économie de nature écologique qui est en pleine expansion en Chine. Mais certaines contraintes doivent être prises en compte pour que toutes les potentialités puissent être exprimées, nous précisent le Professeur Li Kangmin et le Dr. Mae-Wan Ho

Le biogaz est un mélange de gaz combustibles qui sont produits par des microorganismes, à partir de fumiers et de lisiers d'animaux domestiques, lorsque ces derniers sont placés dans des conteneurs fermés et en l'absence d'air [1] (voir Dream Farms ) . [La version en français, intitulée ' La ferme visionnaire – Une proposition - Comment faire face au changement climatique et imaginer l'économie après la fin des combustibles et carburants fossiles ' , est accessible sur les sites suivants : www.indsp.org/pdf/DreamFarm-2-FR et www.apreis.org/actu_vf.html .

Les constituants principaux du biogaz sont le méthane (CH 4 , 60 % ou plus en volume) et le gaz carbonique . Mais d'autres constituants sont également présents : vapeur d'eau, hydrogène sulfuré (H 2 S), monoxyde de carbone (CO) et azote (N 2 ).

La composition du biogaz varie en fonction du matériel organique qui est utilisé. La teneur en méthane du biogaz, produit à partir des fécès humains, le fumier de volaille et les lisiers des porcheries, peut parfois atteindre 70%, voire plus, alors que la teneur du biogaz obtenu avec des tiges et des pailles végétales varie autour de 55%.

La concentration en hydrogène sulfuré H 2 S dans le biogaz produit par les fumiers de volailles et les mélasses peut atteindre jusqu'à 10.000 mg/m 3 . Le biogaz est principalement utilisé comme combustible, à la manière du gaz naturel, alors que les mélanges des produits issus de la fermentation, à la fois liquides – boues liquides ou ‘‘ bio-slurry '' - et solides – gadoues ou ‘ bio-sludge ' - ; ils sont principalement employés comme fertilisants organiques pour les cultures végétales. Mais il existe de nombreux autres usages de ces matériaux en Chine.

Brève histoire de la technique concernant le biogaz

Il existe des preuves que le biogaz était utilisé pour chauffer l'eau des bains en Assyrie au cours du Xème siècle avant notre ère. La première installation de fermentation en anaérobiose, pour produire du biogaz à partir des déchets, a été construite en 1859 dans une colonie de lépreux à Bombay en Inde [2] ( Sustainable Food System for Sustainable Development . La version en français, intitulée ' Agriculture - Un système de production alimentaire soutenable pour un développement durable ', est consultable sur le site suivant : www.indsp.org/SFSSSDfr.php ).

La Chine est l'un des pays au monde qui a fait appel très tôt, au cours de son histoire, à la technologie du biogaz. A la fin du XIXème siècle, des fermenteurs rudimentaires apparurent dans les zones côtières de la Chine du Sud.

Monsieur Luo Guorui inventa et construisit une citerne à biogaz d'une contenance de huit mètres cubes qui portait son nom ; il fonda en 1920 une société d'éclairage au biogaz, la ' Santou Guorui Biogas Lamp Company ' . Il déménagea ensuite sa société en 1932 vers Shanghaï, elle changea de nom pour s'appeler la ' Chinese Guorui Biogas Company '; cette société eut de nombreuses filiales tout au long de la rivière du Yangtze et dans les provinces du sud de la Chine

La première monographie sur le biogaz, appelée la ' Chinese Guorui Biogas Digester Practical Lecture Notes ' , fut publiée en 1935 [3] . Ce fut la première vague de l'emploi du biogaz en Chine.

La seconde vague de l'usage du biogaz trouva son origine dans la province du Wuchang, en 1958, dans le cadre d'une campagne visant à exploiter les multiples fonctions de la production de biogaz, qui résolvait simultanément les problèmes de mise à disposition de matières organiques [pour les cultures] et une amélioration de l'hygiène publique.

La troisième vague du biogaz se produisit vers la fin des années 1970 et le début des années 1980, lorsque le gouvernement chinois considéra la production de biogaz comme un emploi rationnel et efficace des ressources naturelles dans les milieux ruraux. La production de biogaz put non seulement fournir de l'énergie, mais également une protection de l'environnement et une amélioration de l'hygiène ; elle représenta un aspect important de la modernisation de l'agriculture.

Quelques 6 millions de digesteurs furent installés à travers la Chine ; ce pays devint le centre mondial du biogaz, attirant de nombreux visiteurs de pays en développement qui désiraient se former à ce sujet.

Le digesteur chinois en forme de dôme – le ‘ China dome ' - représente le modèle standard de construction actuellement en Chine (voir la Figure 1 ci-après) [4], particulièrement pour les usages domestiques de petites dimensions.

Mais de nombreux autres types de digesteurs ménagers en milieu rural ont été construits, basés sur la pression d'eau, par exemple le digesteur rural à flux continu à cycles automatiques, le digesteur à flux ascendant de petites dimensions, le digesteur à déflecteur et, plus récemment, le réacteur ou digesteur en anaérobie à flux pulsé.

Figure 1. Le digesteur chinois en forme de dôme ou China dome digester '

Biogas = biogaz Biogas collection = récupération du biogaz

Inlet = tuyau d'arrivée Seal = bouchon de fermeture

Removable cover = couvercle amovible Slurry = boues liquides

Overflow tank = citerne de trop-plein Outflow = conduite de débordement

En Chine, un Plan National de Construction de Biogaz en Milieu Rural, annoncé en 2003, court sur la période 2003-2010 . La proposition fut d'augmenter la production de biogaz de 11 millions à un total de 20 millions d'installations domestiques autour de 2005. La Chine voudrait augmenter à nouveau à l'horizon 2010 les installations de biogaz de 31 millions actuellement à un total de 50 millions, de façon à ce que le taux d'utilisation atteigne 35 millions.

Depuis 2003, une subvention du gouvernement de 1.000 Yuans (environ 150 $ états-uniens) serait accordée pour chaque digesteur à biogaz.

Pourquoi utiliser le biogaz ?

La raison principale de faire appel à la digestion en anaérobiose , qui génère du biogaz comme produit secondaire, est de traiter les déchets. Selon une publication gouvernementale de 2002, la ' Chinese Ecological White Paper ', la quantité totale de déchets provenant du bétail et des volailles à travers tout le pays aurait atteint en 1995 2.485 milliards de tonnes, soit approximativement 3.9 fois la quantité totale des déchets industriels solides.

Ces déchets constituent de précieuses ressources si elles sont utilisées de manière appropriée, mais elles peuvent constituer une pollution considérable si elles sont déchargées à travers les rivières et les lacs. On estime qu'actuellement moins de 10% des eaux usées en Chine sont couramment traitées et que, par ailleurs, 10 millions d'hectares de terres agricoles sont sérieusement pollués, aussi bien par des eaux usées que par des déchets organiques solides.

Selon l'Académie Chinoise des Sciences Géographiques et la base de données de l'Environnement et des Ressources Naturelles en Chine, la production totale annuelle de fumiers et d'excréments humains pourraient théoriquement générer 130 milliards de m 3 de méthane, soit l'équivalent de 93 millions de tonnes de charbon [6]. Alors que seulement 50% de la production théorique peut être réalisée en zones rurales, 80% des eaux usées industrielles peuvent aussi être mises à profit pour produire du méthane.

La DCO (demande chimique en oxygène) - une mesure de la concentration de polluants [organiques] d'une eau usée à partir d'un distillateur -, atteint parfois 40.000 mg/litre alors qu'un traitement en aérobiose ne supporte qu'une DCO inférieure à 1.000 mg/litre, ce qui signifie qu'il faut diluer l'eau usée quarante fois. Avec une digestion en anaérobiose , 90% des polluants [organiques] peuvent être facilement évacués, ce qui réduit ainsi grandement la pollution des terres cultivées, des rivières et des lacs [3].

Pendant le 10ème Plan Quinquennal, le gouvernement [chinois] avait investi 35 milliards de Yuans pour la promotion d'un modèle écologique basé sur le biogaz. Il fit de gros efforts et projeta de développer 2.200 projets d'ingénieurie concernant le biogaz, en vue du traitement de plus de 60 millions de tonnes de fumiers par an, en provenance des élevages intensifs de bétails et de volailles. En plus, il installa 137.000 digesteurs pour traiter les évacuations des vidanges [7].

La seconde raison importante, concernant la digestion en anaérobiose , réside dans le fait que le méthane est un gaz à effet de serre de grande importance, venant derrière le gaz carbonique en terme de quantités émises, mais avec un potentiel de réchauffement global qui est 22 fois supérieur au gaz carbonique. L'utilisation du biogaz évacue non seulement les déchets polluants [organiques], mais il atténue également le réchauffement global [de la Planète] [8] ( Dream Farm 2 - Story So Far ) [La version en français intitulée “ Développement durable – Mise à jour concernant la Ferme Visionnaire Dream Farm 2 ” est accessible sur le site suivant : http://www.i-sis.org.uk/pdf/DreamFarm2FR.pdf .

Le flux de méthane des boues liquides traitées est de 3,92 mg par m² et par heure, en comparaison des 10,26 mg par m² et par heure à partir des composts provenant des champs de riz [3]. La réduction du méthane épargne les émissions de carbone et elle peut faire l'objet d'un marché de crédit de carbone dans le cadre d'une disposition internationale, le Clean Development Mechanism qui se réfère au Protocole de Kyoto relatif au changement climatique [9] ( Biogas Bonanza for Third World Development . [ La version en français intitulée “ Energie - Le biogaz est une aubaine pour le développement du tiers monde est accessible sur les sites suivants : www.i-sis.org.uk/BiogasBonanzaFR.php et yonne.lautre.net/rubrique.php3?id_rubrique=170 (26 septembre 2006).]

L'emploi du biogaz résout également le problème le plus crucial qui est la fourniture d'énergie dans les milieux ruraux, où les populations vont s'approvisionner traditionnellement en bois de chauffage dans les forêts.

Un digesteur de 10m 3 en milieu rural peut épargner 2.000 kg de bois de chauffage, ce qui correspond à une déforestation de 0,26 à 4 hectares [6]. Le continent africain a perdu 64 millions d'hectares de forêts entre 1990 et 2005, soit plus que tout autre continent, et la collecte du bois de chauffage a constitué la cause principale de la diminution des forêts [10].

Le méthane du biogaz fournit du combustible pour la cuisson des aliments et, de plus, il évite aux femmes d'avoir à se déplacer pour ramasser et porter de lourds fardeaux de bois en guise de combustible. A l'inverse du bois de chauffage, le biogaz se consume sans produire de fumées, ce qui évite aux femmes et aux enfants des gênes et des maladies respiratoires [9].

Le biogaz peut être mis à profit pour générer de l'électricité, ce qui a comme résultat de prolonger les heures d'activités journalières et de permettre aux membres de la famille de s'engager dans des activités sociales ou de perfectionnement personnel, ou encore de rendre possible un revenu supplémentaire.

Le digesteur en anaérobiose résout les problèmes sanitaires en absorbant les déchets humains aussi bien qu'animaux, ce qui améliore, d'une part, l'hygiène domestique et au niveau des exploitations agricoles et, d'autre part, les conditions d'environnement en général.

Finalement, la digestion en anaérobiose produit non seulement du biogaz mais également des boues liquides et des lies organiques qui sont riches en éléments fertilisants, en minéraux et en composés biologiquement actifs qui constituent d'excellents fertilisants organiques pour les cultures et des aliments pour les porcs et les poissons (voir ci-dessous)

La fermentation en anaérobiose produit aussi des éléments fertilisants et des aliments pour les animaux d'élevage

Les matières liquides et solides du digesteur sont une mine de ressources biologiques de grande valeur [3]. Ces dernières comprennent les éléments nutritifs majeurs pour les végétaux tels que l'azote (N), le phosphore (P) et le potassium (P), ainsi que des oligoéléments qui peuvent stimuler la germination des graines et la croissance des plantes.

Des composés biologiquement actifs sont également présents, comme des aminoacides, des hormones de croissance , des sucres, des acides humiques , des acides gras insaturés , des vitamines, de la cellulase et d'autres enzymes, ou encore des substances à effet antibiotique qui sont capables de s'opposer à la croissance d'agents pathogènes et qui sont ainsi bénéfiques pour les plantes et pour les animaux.

Les boues et les matières solides peuvent être utilisées comme aliments pour le cheptel et les poissons d'élevage. La phase solide comprend des microorganismes responsables des fermentations des déchets et de la production de méthane, qui se sont multipliés dans le digesteur et qui vont constituer une riche source de protéines lorsque les gadoues et lies finales sont utilisées comme aliments pour les animaux.

Les gadoues ainsi digérées peuvent être utilisées avec profit comme engrais organiques à la période des semis et, en amendement, comme un matériau de rétention d'eau dans le sol au cours des saisons suivantes. Les graines de semences installées dans ces matériaux germent mieux et les plantules ont une croissance plus vigoureuse. Enfin ces matériaux employés en pulvérisations sur les plantes peuvent inhiber certaines maladies, favoriser le développement des plantes et augmenter les rendements.

Les boues digérées peuvent être utilisées pour nourrir des poissons d'élevage, en adaptant leur dosage en fonction de la transparence du bassin à poissons (qui donne une indication sur la quantité de matière organique présente). Elles peuvent aussi alimenter des élevages de porcs comme additif destiné accélérer la croissance et raccourcir la durée d'élevage de l'ordre de 25%, ce qui permet une économie d'aliments de 15%. Employées comme aliments pour nourrir des volailles pondeuses, les boues provenant des fumiers de bovins, de poulets à viande et de porcs, augmentent les taux de pontes respectivement de 14%, 9% et 7%.

Les gadoues et les lies solides, qui proviennent d'un digesteur, contiennent des taux élevés d' acide humique et elles peuvent être utilisées comme amendement agricole et comme substrat pour des cultures de champignons. Les volailles pondeuses nourries avec des vers de terre [croissant et de développant sur les boues récupérées du digesteur. Voir à Vermiculture dans les compléments annexés à cet étude] produisent 15 à 30% d'œufs en plus [11].

Les multiples usages du biogaz

Le biogaz peut servir directement pour la cuisson des aliments et pour la co-génération d'électricité et de chaleur, spécialement lorsque le biogaz est exploité localement ou à proximité du site de génération.

Le méthane du biogaz peut être utilisé comme carburant pour les véhicules et il constitue le plus propre des biocarburants . Des voitures automobiles roulant au méthane du biogaz ont été élues en 2005 «véhicules verts », bénéfiques pour l'environnement. Des milliers de voitures de ce type sont déjà opérationnelles et circulent en Suède, un pays qui dispose de centaines de stations de distribution alimentées par les digesteurs à biogaz des populations locales [12] ( Organic Waste-Powered Cars ).

Le biogaz peut alimenter des poêles et des lampes pour chauffer et éclairer des serres de cultures : il augmente, dans le même temps, la concentration en gaz carbonique qui stimule la photosynthèse des plantes cultivées sous serres et il augmente leur rendement. Des expérimentations conduites dans la province du Shanxi montrent qu'une augmentation de quatre fois la teneur en gaz carbonique entre six et huit heures du matin, aboutit à une augmentation des rendements de 67,2 % [3].

De façon similaire, une lampe alimentée au biogaz fournit à la fois la lumière et la chaleur à des élevages de vers à soie , avec une augmentation concomitante du taux d'éclosion et de la formation des cocons, en comparaison avec le chauffage habituel au charbon.

Le méthane de biogaz est également une source de méthanol , un solvant organique et une matière première pour synthétiser du formaldéhyde, du chlorométhane, du verre organique et des fibres complexes [13].

Finalement, le biogaz peut-être utilisé pour prolonger la durée de conservation des fruits et des semences [3]. Une atmosphère de méthane et de gaz carbonique inhibe le métabolisme et réduit de ce fait la formation d' éthylène dans les fruits et les semences. Il a aussi une action inhibitrice sur des insectes nuisibles, ainsi que sur des champignons et des bactéries phytopathogènes.

Quelques exemples typiques de l'utilisation du biogaz en Chine [14]

La production de grains a atteint 504,3 millions de tonnes en Chine en 1996, dont la commercialisation fut difficile. La communauté de Nanyang, dans la province du Henan, dispose de 6,7 millions d'hectares de cultures céréalières (blé) – ce qui représente 1% de la culture du blé en Chine – et présentait un record de rendement de 9,5 tonnes/ha cette année là. Ainsi l'usine de production d' éthanol Tianguan lança une opération qui visait à consommer 1,75 millions de tonnes de grains invendus et périmés par an, afin de produire de l'alcool dénaturé, destiné à servir de carburant pour les voitures automobiles ; l'usine exploita les gadoues des distillateurs pour produire du biogaz dans un digesteur de 30.000 m 3 , afin de fournir plus de 20.000 ménages, soit 20% de la population.

La communauté villageoise de Meili, de la circonscription de Shaoxing, dans la province chinoise du Zhejiang, produit chaque année 28.000 porcs, 10.000 canards, 1 million de canetons et 100.000 poulets. En 2001, le village investit 1,2 millions de Yuans pour construire des digesteurs afin de traiter 30 tonnes de déchets d'élevage (bétail et volailles), ainsi que des excréments humains. Ceci permit de produire suffisamment de biogaz pour plus de 300 foyers et plus de 7.200 tonnes de fertilisants organiques chaque année.

La société de production d' éthanol , la Hongzhi Alcohol Corporation Limited, située à Mianzhu, dans la province chinoise du Sichuan, est la plus importante usine de fabrication d'alcool dans le Sud-Ouest de la Chine et elle produit pour la consommation humaine. Elle fonctionne avec un service qui part des eaux usées chargées en matières organiques de provenance industrielle, avec des vidanges et des lies, pour produire du biogaz ; ce dernier est vendu aux industriels et aux résidents, mais il est mis gratuitement à la disposition des exploitants agricoles. La société a également construit une usine de production électrique qui génère, à partir du biogaz, 7 millions de kilowatts heures. La cité de Mianzhu traite 98% des vidanges municipales, incluant les eaux usées de l'hôpital, grâce à un digesteur d'une capacité totale de 10.000 m 3 . Les eaux traitées atteignent les standards nationaux de déversement et de restitution dans le milieu, ce qui améliore grandement l'environnement.

Le biogaz est à la base d'une économie écologique

Jusqu'à la fin de l'année 2005, il y avait en Chine 17 millions de digesteurs produisant annuellement 6,5 milliards de m 3 de biogaz [15] ; la plupart étaient situés en zones rurales. Cinquante millions d'habitants tirent profit des avantages de cette technologie du biogaz. Il est prévu que la production de biogaz atteigne 25 milliards de m 3 à l'horizon 2020. Le biogaz pourrait fournir de l'énergie à un quart des ménages dans les zones rurales.

Le biogaz est au centre d'une économie à caractère écologique, qui est émergente en Chine. Alors que l'économie agricole s'intensifie, il y a encore de nombreuses exploitations d'élevages, de grandes ou moyennes tailles, dans les banlieues des grandes cités [agriculture périurbaine].

Un exemple se rencontre dans la ferme Fushan située à Hangzhou [dans la province chinoise du Zhejiang], qui est composée de 32,47 hectares de riz, 4 hectares de théiers, 13,7 hectares de protections aquatiques et 7,3 hectares d'étangs pour la pisciculture . La ferme produit aussi 30.000 poules pondeuses, 150.000 poulets de chair et 8.000 porcs chaque année : il en résulte un déversement quotidien de 15 tonnes de déchets solides et de 70 tonnes d'eaux usées, ce qui représente une pollution énorme. Mais l'utilisation de digesteurs à biogaz pour traiter les déchets des porcs et de la volaille, permet de disposer d'énergie pour la transformation du thé et le chauffage de la coopérative volaillère ; de plus, il en résulte des aliments pour nourrir les poissons et les porcs d'élevage, ainsi que des engrais pour fertiliser les plantations de thé et les champs de riz. Aucune pollution n'est exportée dans le voisinage [7].

Cependant, cette exploitation écologique a maintenant déménagé dans une banlieue de la cité à cause des nuisances olfactives résultant de cette exploitation. Il est possible de faire appel à une combinaison de multiples microorganismes afin de désodoriser les fumiers de porcs ou de volailles. Par ailleurs, comme mesure d'économie d'eau, les grandes quantités d'eau des boues pourraient être réutilisées pour nettoyer les porcheries.

Le climat du Nord de la Chine est caractérisé par des hivers froids mais avec un ensoleillement suffisant. Les digesteurs ne sont plus opérationnels au-dessous de 10°C et les porcs élevés en hiver consomment de la nourriture, mais sans engraisser. A cette période, les habitants manquent aussi de légumes frais. Tous ces problèmes sont solutionnés à travers un modèle écologique « quatre en un » qui fait appel à des serres de culture pour les plantes alimentaires, à un abri pour élever des porcs, à un digesteur construit en dessous de la porcherie et à des toilettes installées dans la grande serre qui jouxte la porcherie [3].

Les porcs se développent parfaitement et leurs excréments sont conduits dans le digesteur en même temps que les excréments humains. Le digesteur fonctionne bien car il est maintenu à une température supérieure à 10°C ; cela a beaucoup amélioré les conditions de vie des travailleurs agricoles. Le digesteur fournit le biogaz comme source énergétique, des boues et lies qui servent d'engrais et les porcs émettent du gaz carbonique qui enrichit la teneur en CO 2 sous la serre, ce qui rend possible la production d'une quantité de légumes de bonne qualité.

Dans le Sud de la Chine, un modèle d'exploitation, baptisé « cinq en un », intègre des porcs, un digesteur en anaérobiose, un verger d'arbres fruitiers, un piège lumineux et des étangs à poissons [3]. Les lisiers des porcs sont conduits vers le fermenteur pour y être fermentés. Le biogaz est récupéré comme source d'énergie qui sert à la cuisson et à l'éclairage. Les boues digérées sont employées pour fertiliser le verger et vont aussi alimenter les porcs et les poissons d'élevage. Le piège lumineux suspendu au dessus de l'étang piscicole permet de piéger les insectes qui vont constituer un supplément de nourriture pour les poissons. Ce modèle est spécialement mis en œuvre dans la province du Guangxi, dans le Sud de la Chine, où des bandes collantes de couleur jaune sont aussi disposées dans le verger comme moyen supplémentaire de contrôle et de destruction des insectes nuisibles aux arbres fruitiers [16].

Contraintes et perspectives

La Chine est en train d'aménager de nouveaux villages socialistes dans le cadre de l'actuel onzième Plan Quinquennal. Les lignes directrices sont le développement de la production, le maintien d'un environnement propre et l'innovation pour économiser les ressources. Le développement du biogaz correspond bien à ce programme. La contrainte majeure est le manque de savoir-faire technique pour gérer et pour maintenir les digesteurs à biogaz.

Cependant une nouvelle génération d'exploitants agricoles, centrés sur le biogaz, est apparue. Par exemple, Monsieur Liu Zijian, habitant dans la province chinoise du Guangxi, joue un rôle capital dans son village. Il a tout d'abord installé un digesteur de huit mètres cubes et rénové les toilettes et la cuisine en même temps, en épargnant 7.540 Yuans (environ 1.000 $ états-uniens). Il s'est orienté dans une voie très efficace pour commencer la production de méthane et assurer son succès. Il a même construit 130 digesteurs sans une seule défection. Son village dispose de 165 digesteurs qui desservent 72% des villageois. Néanmoins, toute amélioration visant à rendre plus facile la conception, la réalisation et la maintenance, encouragera de nouveaux adeptes pour ce dispositif.

A la fin de l'année 2005, la province du Shanxi avait tenu 40 sessions de formation technique pour le biogaz et avait formé 6.000 agriculteurs, dont 4.037 d'entre eux avaient obtenu le Certificat national de technicien professionnel spécialiste du biogaz [17].

Afin de rendre plus populaire la technologie du biogaz, une session de formation se tient deux fois par mois, pendant une durée de 7 jours, à raison de 600 Yuans par personne (280 Yuans pour une formation par correspondance). A la fin de cette formation, les participants se voient attribuer une qualification professionnelle technique, reconnue par l'état [18].

Le delta de la 'rivière des perles' - Pearl River – dans la province de Guangdong, est réputé pour son système de bassins endigués, qui intègre de la pisciculture avec diverses plantes cultivées sur les digues entre les bassins aux poissons. Dans ce secteur, l'attrait pour les digesteurs à biogaz est faible, en partie à cause de l'arrivée du réseau d'électrification, selon le Professeur Deng Hanzeng de l'Institut de Géographie du Guangzhou : il était devenu beaucoup plus simple de tourner le bouton électrique que de maintenir un digesteur en bon état de marche.

Le Professeur Deng était l'un des membres d'une équipe de scientifiques dirigée par le Professeur Zhong Gongfu, qui fut le pionnier, dans les années 1980, pour l'étude du système des bassins endigués, développés par les paysans dans le delta de cette 'rivière des perles', et en d'autres lieux, au cours des deux millénaires antérieurs [19]. Ils souhaiteraient que les digesteurs à biogaz soient revitalisés, ainsi que d'autres pratiques soutenables – ou durables -, du type zéro émission [de gaz à effet de serre] et zéro déchets [à traiter].

Un autre facteur important, pour encourager la diffusion de la technologie du biogaz, réside dans la mise en place d'un cadre légal approprié. Par exemple, une réforme fiscale de grande ampleur a pris effet en Allemagne en mars 1999 : des taxes établies sur les sources d'énergie et liées aux émissions de carbone , ainsi qu'une exemption des taxes pour les sources d' énergies renouvelables .

En février 2000, le parlement allemand a fait passer une loi sur les sources d'énergies renouvelables, qui comprenait des achats [aux particuliers équipés] pour la génération des surplus d'énergie verte qui sont remis en circuit sur les réseaux électriques [20]. De cette manière, la consommation d'énergie est diminuée d'autant, et réduit la facture d'électricité du client. Cette politique contribue à rendre l'énergie verte rentable et elle est essentielle pour l'ultime succès des programmes d'énergie verte.

Afin de maximiser les avantages du biogaz comme source d'énergie, la Chine a également besoin de technologies avancées pour purifier et comprimer le méthane, ainsi que pour construire de nouveaux moteurs qui fonctionnent effectivement et efficacement à partir du méthane [12], et qui équiperont des voitures et des matériels agricoles.

Les perspectives concernant le biogaz comme énergie renouvelable sont excellentes et les contraintes qui en résultent peuvent être levées. Les digesteurs en anaérobiose peuvent également traiter les déchets végétaux et alimentaires, de même que les algues et les jacinthes d'eau , lorsqu'elles se multiplient abondamment et qu'elles encrassent les rivières polluées : elles peuvent également être transformées en énergie à travers le biogaz .

Li Kangmin est Professeur au Centre de Recherche et de Formation de la Région Pacifique Asie pour la pisciculture intégrée; il assure la représentation de la Chine auprès de l'organisation internationale des biotechnologies et du génie biotechnologique. Il enseigne la pisciculture intégrée ; il a conduit des recherches et publié abondamment sur l'agriculture écologique et sur l'économie locale circulaire et autonome, en particulier sur le contrôle de l' eutrophisation , l' aquaculture de surface, la vermiculture et le développement du biogaz.

Article first published 02/10/06



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