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Les fraises biologiques bloquent la prolifération des cellules cancéreuses

Les plus récentes preuves, qui démontrent que les produits alimentaires issus de l'agriculture biologique sont bons pour la santé, sont rappelées par le Professeur Joe Cummins et le Dr. Mae-Wan Ho

Le texte original en anglais et les références sont accessibles sur le web par : http://www.i-sis.org.uk/OSSCC.php

Les aliments biologiques sont une corne d'abondance pleine de composés et de substances qui contribuent à une bonne santé

Les preuves scientifiques se sont accumulées sur les avantages des aliments issus de l' agriculture biologique , en matière de santé (voir l'encadré ci-après). 

Encadré 1

Pourquoi les produits alimentaires issus de l'agriculture biologique sont-ils bons pour la santé ?

Ils sont plus riches en minéraux essentiels tels que le calcium, la magnésium, le fer et oligoéléments nécessaires à l'état de traces tels que le cuivre [1-3]

Ils contiennent plus de vitamines et de micronutriments [3]

Ils sont riches en antioxydants et d'autres composés qui combattent le cancer et les maladies cardiovasculaires (voir dans le texte principal)

Ils contiennent très peu de nitrates [4, 5]

Ils contiennent très peu ou pas du tout de résidus de pesticides nocifs (voir le texte principal)

Ils sont produits sans pesticides et ni engrais chimiques polluants et ils fournissent par conséquent un environnement meilleur pour la santé

Ils contiennent très peu ou pas du tout d' antibiotiques qui nuisent aux bactéries bénéfiques au niveau de l'intestin [6]

Ils ne contiennent pas d' additifs alimentaires , artificiels et nocifs, tels que les acides gras hydrogénés , l' aspartame, l' acide phosphorique et le glutamate monosodique [7]

Une chose importante concernant les aliments issus de l' agriculture biologique réside dans le fait que ces aliments sont une corne d'abondance remplie de composés chimiques et de substances nutritives qui sont un gage de bonne santé. Une nouvelle étude, qui illustre ce propos, prouve que des extraits de fraises biologiques ont la capacité de bloquer la prolifération de cellules cancéreuses de manière plus efficace que les extraits provenant de fraises cultivées en agriculture conventionnelle .

Qu'est-ce qui fait que des plantes cultivées en agriculture biologique contiennent, à côté des composés métaboliques principaux, plus de métabolites secondaires qui sont d'une grande utilité pour s'opposer à des maladies comme les cancers ? Plusieurs de ces composés font réellement partie et sont eux-mêmes impliqués dans les mécanismes de défense des plantes contre leurs ennemis et leurs maladies.

Bengt Lundegardh et Anna Martensson [8] de l'Université des Sciences Agronomiques d'Uppsala en Suède, pensent que les avantages des aliments provenant de l'agriculture biologique ont un rôle important pour activer les mécanismes de défense des plantes qui synthétisent leurs propres agents protecteurs, parce que les pesticides synthétiques sont exclus du système de production. 

Un sol actif, où les végétaux et les microorganismes sont interactifs, facilite également l'échange des composés métaboliques tels que les vitamines et des cofacteurs . En outre, les nourritures de l'agriculture biologique ont une teneur plus riche en minéraux, à cause d'une nutrition plus équilibrée en l'absence des engrais artificiels, qui auraient tendance à mettre à disposition des plantes, de façon excédentaire, des éléments nutritifs facilement disponibles tels que des nitrates .

Des composés biologiquement actifs dans les aliments, particulièrement les antioxydants phénoliques des végétaux, sont bien connus pour prévenir les cancers et les maladies cardiovasculaire s [9]. Les composés phénoliques sont présents dans beaucoup de végétaux, en particulier dans les fruits, et il est clairement apparu que les aliments de l'agriculture biologique sont plus riches en antioxydants qui s'opposent aux cancers [10, 11].

Des extraits de fraises biologiques bloquent la prolifération des cellules cancéreuses

Des fraises ont été étudiées de façon approfondie pour leur capacité à s'opposer aux cancers et c'est là où les avantages de la culture biologique des fruits apparaissent de façon magistrale. Des chercheurs, à l'Université suédoise des sciences agronomiques à Alnarp et à l'Université de Lund, en Suède, ont comparé des extraits de cinq cultivars de fraises, provenant des deux modes d'agriculture – biologique = AB et conventionnelle = AC - pour leur capacité à empêcher la prolifération des cellules humaines cancéreuses du colon et du sein.

Ils ont constaté que les extraits des fraises cultivées en AB, ont bloqué la prolifération des cellules de manière plus efficace que des extraits fraises cultivées en AC ; ceci a été observé dans les deux types de cancers concernés ici. [12].

Les extraits de fraise ont diminué la prolifération de cellules cancéreuses d'une façon dépendante de la dose, entre 0,025 et 0,5 pour cent du poids sec d'extrait du volume des cultures cellulaires. À la concentration la plus élevée, les extraits organiques ont inhibé la prolifération des cellules cancéreuses du colon (HT29) de 60% et les cellules cancéreuses du sein (MCF-7) de 53,1% ; les valeurs correspondantes pour les extraits de fraises provenant d'une culture en AC, étaient respectivement de 49,7% et de 37,9 pour cent. Les différences entre les origines des fraises – AB et AC - étaient hautement significatives en terme statistique.

Les extraits les plus efficaces vis-à-vis de la prolifération des cellules cancéreuses, contenaient 48 pour cent de plus d'ascorbate et 5 fois plus de déshydroascorbate. (La vitamine C est composée d'ascorbate et de déshydroascorbate.) Les fraises produites en AB avaient également des teneurs plus élevées en antioxydants et un rapport plus élevé d'ascorbate par rapport au déshydroascorbate.

Les composts, utilisés en amendements organiques d'un sol cultivé, ont provoqué une augmentation des taux des composés antioxydants dans les fraises [13]. Les extraits de fraises, riches en vitamine C et en antioxydants, se sont avérés interférer avec une protéine kinase ( mitogen-activated protein kinase ou MAPK ), qui est le signal d'une cascade de transformations métaboliques qui conduisent à la division cellulaire et à l'inhibition de la prolifération des cellules cancéreuses et à leur transformation [14].

Ces résultats récents sur les fraises de l'agriculture biologique sont en conformité avec d'autres résultats observés sur d'autres fruits provenant de l'AB.  Des prunes jaunes, cultivées en AB, se sont avérées plus riches en acides phénoliques lorsqu'elles étaient cultivées dans une prairie naturelle ou en culture associée à une couverture de trèfle, par rapport à des prunes cultivées en agriculture conventionnelle [15]. Des extraits de prunes et de trèfle induisent une apoptose (la mort des cellules) et réduit la viabilité des cellules humaines de cancer du foie [16].

L'absence des pesticides dans les aliments biologiques constitue un autre avantage tangible pour assurer une bonne santé

Indépendamment de la fourniture des métabolites secondaires qui s'opposent à certaines maladies, l'absence des résidus de pesticides dans l'alimentation humaine aussi bien qu'animale, constitue un autre avantage tangible que nous procure la nourriture issue de l'agriculture biologique = AB. La "révolution verte" a amplifié la production de nourriture dans les pays en voie de développement par les quantités importantes d'intrants dans les systèmes agricoles : pesticide s et engrais.

Des chercheurs du "Centre de Technologie et du Développement Rural", le " Centre for Rural Development and Technology " de Dehli, en Inde, ont étudié des résidus de diverses familles de pesticides  : organochlorés, organophosphoriques, carbamates et pyrèthrénoïdes chez le blé et le riz : en comparaison des grains cultivés selon l'AC, ils ont constaté que les grains cultivés en AB ne présentaient que peu ou pas du tout de résidus détectables. La production du blé et du riz était plus élevée en AC qu'en AB, mais cette production plus élevée est obtenue avec un risque sanitaire et pose également d'autres problèmes à la flore et à la faune [17].

Le "Conseil National de la Recherche", le " National Research Council in the United States " aux Etats-Unis a conclu dans son rapport de 1993 [18], que l'ingestion alimentaire était la source principale d'exposition aux pesticides pour des nourrissons et pour les enfants aux Etats-Unis et que cette exposition pouvait expliquer que les risques sanitaires liés aux pesticides pouvaient être augmentés chez les enfants, comparativement à ce qui se passe chez les adultes (voir l'encadré 2).

Encadré 2

Qu'indique l'Agence pour la Protection de l'Environnement aux Etats Unis, (l' EPA ou US Environmental Protection Agency ) , au sujet des pesticides chez les enfants en bas âge ?

L' EPA rapporte que [19] : «  Les études de laboratoire montrent que les pesticides peuvent poser des problèmes de santé, tels que des problèmes à la naissance, des altérations du système nerveux, des cancers et d'autres effets qui pourraient se produire sur une longue période. Cependant ces effets dépendent de la nature du pesticide et de la quantité qui est ingérée. Quelques pesticides posent également des risques sanitaires uniquement chez les enfants.  » 

Cela résulte du fait que [20], «  leurs organes internes sont encore en phase de croissance et de développement  » et « que par rapport à leur poids corporel, les nourrissons et les enfants mangent et boivent plus que les adultes, ce qui augmente vraisemblablement leur exposition aux pesticides à travers la nourriture et l'eau.  » En outre, «  certains comportements - tels que les jeux au sol ou sur des pelouses, ou le fait de mettre des objets dans leur bouche - augmentent l'exposition d'un enfant aux pesticides utilisés dans les habitations et dans les jardins.  »

Les pesticides peuvent nuire à l'enfant en croissance en bloquant l'absorption de nutriments qui sont importants et nécessaires pour une croissance optimale. En outre, si le système d'excrétion de l'enfant n'a pas encore atteint sa pleine maturité, le corps peut ne pas entièrement éliminer les pesticides. Il peut également y avoir des périodes cruciales dans le développement humain quand l'exposition à la toxine peut de manière permanente modifier la manière dont le système biologique d'un individu fonctionne.

Les chercheurs à l'Ecole Rollins de Santé Publique, de l'université Emory, à Atlanta, ainsi que du Département des Sciences de Médecine Environnementale et Professionnelle, à l' Université de Seattle, dans l'état de Washington, aux Etats-Unis, ont mesuré l'exposition à travers la nourriture des nourrissons et des enfants, à partir d'analyses d'urines, avant et après qu'ils aient basculé d'une consommation de produits de l'AC vers une alimentation issue de l'AB.

Ils ont montré que les métabolites des pesticides de la famille des composés organophosphoriques : malathion et chlorpyrifos, ont diminué aux niveaux inférieurs de la limite de détection juste après le passage aux régimes de l'AB et qu'ils sont restés indétectables jusqu'à ce qu'ils soient revenus à nouveau vers des régimes de l'AC [19]. Ceci a renforcé une conclusion antérieure selon laquelle les enfants étaient probablement exposés la plupart du temps aux pesticides organophosphoriques exclusivement par leurs régimes alimentaires.

Les enfants ne sont pas les seuls à être affectés par des pesticides. Au Danemark, une étude de 1999 sur la qualité du sperme chez les hommes par rapport aux régimes alimentaires, issus soit de l'AC soit de l'AB, a permis de constater que le groupe consommant principalement la nourriture de l'AB, ingère peu de pesticides sur la base d'analyses de leur nourriture.

Les chercheurs ont conclu que l'exposition à des pesticides dans le régime alimentaire n'a pas présenté de risque d'altération de la qualité du sperme [20], bien que le groupe d'hommes qui ne consomment pas de la nourriture issue de l'AB [donc nourris avec des produits issus de l'AC] aient présenté une proportion significativement inférieure de spermatozoïdes normaux au point de vue morphologique ; cet indicateur morphologique du sperme est généralement considéré comme un bon moyen de prédire une grossesse, car les spermatozoïdes anormaux sont indicatifs de dommages au niveau de l'ADN [21, 22]. On ne comprend pas pourquoi les chercheurs ont pensé que l'augmentation des spermatozoïdes anormaux n'avait pas altéré la qualité de sperme !

Article first published 07/09/06


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